En 2025, le FMI table sur un basculement inattendu : l’Indonésie devrait dépasser le Brésil en PIB, tandis que la Turquie, longtemps perçue comme marginale, s’ancre dans le peloton de tête des économies émergentes à la croissance la plus vive. Du côté de la Banque mondiale, le constat est tout aussi tranché : plusieurs pays d’Afrique subsaharienne affichent des taux de croissance supérieurs à 5 %, mais ils peinent encore à se hisser parmi les géants mondiaux en valeur absolue.
Les projections financières dévoilent une réalité contrastée : des taux de croissance spectaculaires côtoient des poids économiques encore modestes. Certains États émergent avec force dans les classements annuels, mais leur influence réelle sur l’échiquier international reste limitée. À l’inverse, d’autres nations avancent plus lentement, tout en consolidant un impact global qui ne cesse de s’amplifier.
Pays émergents en 2025 : quelles dynamiques transforment la hiérarchie mondiale ?
2025 marque un tournant pour la hiérarchie économique. Les pays émergents bousculent les positions acquises, portés par une multiplicité de leviers. Si la Chine conserve une place dominante, elle affiche un essoufflement progressif. L’Inde, elle, accélère, forte d’un marché intérieur gigantesque et d’une population toujours croissante. Du côté du Golfe, Arabie saoudite et Émirats arabes unis s’émancipent progressivement de la rente pétrolière, réinjectant leurs profits dans l’industrie lourde et l’innovation technologique.
L’Afrique, longtemps tenue à l’écart des projecteurs, enregistre des performances de croissance supérieures à la moyenne mondiale. Même si ses économies restent modestes en taille, le Nigeria, l’Éthiopie ou le Kenya commencent à s’imposer comme des points d’appui régionaux. En Asie du Sud-Est, l’Indonésie s’organise, attire les investisseurs et profite du déplacement des chaînes de valeur mondiales.
Les tensions commerciales, la hausse des droits de douane ou encore l’incertitude liée à une possible réélection de Donald Trump pèsent sur les trajectoires. Malgré cette volatilité, les flux de capitaux vers les actions des marchés émergents restent solides. Les rangs évoluent : Brésil, Turquie, Mexique voient leur position osciller, tributaires de chocs politiques ou monétaires. Petit à petit, la carte mondiale de l’économie se fragmente et se réinvente.
Comprendre les critères de classement : au-delà du PIB, quels indicateurs privilégier ?
Se limiter au PIB pour classer les économies émergentes ? L’exercice manque de nuance. Les investisseurs aguerris scrutent des indicateurs plus subtils, capables de révéler les dynamiques réelles et les fragilités à venir. Le classement des pays émergents dépend beaucoup de la grille de lecture choisie. Le Fonds Monétaire International affine ses analyses avec la croissance du PIB, corrigée des fluctuations monétaires et de l’inflation. L’OCDE, elle, s’attarde sur la productivité, la démographie ou encore le niveau d’industrialisation.
Les indices boursiers, à l’image du MSCI Emerging Markets, offrent une perspective complémentaire. Ils prennent en compte l’épaisseur des marchés financiers, la capacité à lever des capitaux, la liquidité des titres et la qualité de gouvernance des entreprises. Pour les investisseurs institutionnels, ces indices pèsent bien plus qu’un simple rang en milliards de PIB.
Indicateurs à surveiller
Voici les critères qui permettent de mieux cerner la réalité des marchés émergents :
- Taux de croissance PIB (FMI) : indique la cadence du développement, tout en signalant la volatilité potentielle.
- Inflation : lorsqu’elle reste contenue, elle attire et rassure les capitaux étrangers.
- Structure démographique : un pays jeune recèle un fort potentiel de consommation et de main-d’œuvre.
- Indice MSCI : reflète la profondeur des marchés financiers et l’intégration à l’économie globale.
Pour comprendre le potentiel réel de chaque marché, il faut composer avec cette pluralité d’indicateurs. C’est en croisant ces données que l’on cerne les vraies perspectives des pays émergents en 2025.
Focus sur les économies en pleine ascension : tour d’horizon des pays à suivre
Le classement 2025 des pays émergents dessine un paysage mouvant. Certains marchés s’envolent ; d’autres réinventent leur trajectoire. En Chine, le virage vers la consommation intérieure et les technologies de pointe se poursuit, même si la croissance ralentit. En Inde, la démographie, la digitalisation et l’investissement public propulsent la croissance à des niveaux rarement atteints parmi les grands marchés mondiaux.
Les États du Golfe montent en puissance. Arabie saoudite et Émirats arabes unis misent désormais sur la finance, le tourisme ou l’innovation. Cette diversification attire des investissements étrangers toujours plus soutenus.
En Afrique, l’Afrique du Sud reste la locomotive, mais le Nigeria et le Kenya s’imposent par leur dynamisme régional, malgré une instabilité persistante. Turquie et Brésil jouent, quant à eux, le rôle de vigies du changement, tout en affrontant régulièrement des turbulences.
L’Indonésie s’impose comme un acteur clé en Asie, tandis que le Mexique tire parti des relocalisations industrielles et des accords commerciaux refondus. Cette analyse des économies en croissance met en lumière une constante : la capacité à surprendre, souvent loin des schémas préconçus.
Entre opportunités et défis, comment les tendances mondiales façonnent l’avenir des marchés émergents
Les marchés émergents progressent dans un contexte mouvant. La recherche de rendement reste forte, mais l’instabilité n’a jamais été aussi palpable. Les secousses provoquées par la guerre commerciale, l’impact de Donald Trump, la montée des droits de douane ou la fermeté du dollar américain redéfinissent les flux d’échanges et les équilibres monétaires. Les performances des entreprises cotées sur l’indice MSCI emerging markets reflètent bien ces aléas.
Trois tendances majeures dominent :
- La hausse des taux américains met sous pression les valorisations des marchés émergents.
- Les devises locales sont fragilisées par des politiques monétaires plus restrictives.
- La raréfaction de la liquidité dévoile la vulnérabilité de certains modèles de croissance.
Patricia Krause, économiste chez Coface, insiste sur l’urgence d’une diversification sectorielle pour lisser les cycles. Junyu Tan et Aroni Chaudhuri mettent en avant la réactivité des entreprises d’Asie du Sud-Est, capables de transformer la contrainte en opportunité. L’essor de la classe moyenne, la digitalisation accélérée, l’ouverture progressive des marchés financiers reconfigurent les équilibres traditionnels.
Les actions des marchés émergents ne reposent plus sur l’idée d’un simple rattrapage. Les investisseurs privilégient désormais une sélection rigoureuse, une gestion agile, à la recherche des véritables relais de croissance. Ils examinent de près la solidité des fondamentaux, l’exposition aux chocs extérieurs et l’innovation. Face à l’incertitude géopolitique, la vigilance est de mise. Désormais, la prise de risque se mesure à l’aune d’une lucidité accrue.
À l’horizon 2025, la carte des économies mondiales se redessine sous nos yeux, et personne ne peut affirmer où s’arrêtera l’ascension de ces nouveaux géants.


